SIBEX 2026
Symposium International sur la Biodiversité et les Ecosystèmes
09 - 11 Novembre 2026 |📍Centre de Recherche et de Documentation du Sénégal (CRDS)
AXE 4 : Communautés, innovations sociales et valorisation des biens et services écosystémiques
Thème : « Communautés, innovations sociales et valorisation des bénéfices socioécologiques : vers une conservation participative et durable des oiseaux et de leurs habitats »
1. CONTEXTE
La conservation de la biodiversité ne peut être durable sans l’implication active des populations qui vivent au sein ou à proximité des écosystèmes naturels. Au Sénégal, les zones humides, les estuaires, les deltas, les mangroves et les espaces côtiers constituent non seulement des habitats essentiels pour les oiseaux, mais également des territoires de vie et de production pour des milliers de ménages dont les activités dépendent directement des ressources naturelles.
Les communautés locales entretiennent depuis plusieurs générations des relations étroites avec ces écosystèmes à travers l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’exploitation des produits forestiers, l’artisanat et d’autres activités économiques. Elles détiennent également un ensemble de savoirs, de pratiques et de mécanismes de gestion qui contribuent à la préservation des ressources naturelles et à la résilience des territoires.
Cependant, les changements climatiques, les transformations socio-économiques, la pression démographique et la dégradation progressive des écosystèmes fragilisent les moyens d’existence des populations et accentuent les conflits liés à l’accès aux ressources naturelles. Dans ce contexte, les approches de conservation fondées uniquement sur la protection des espaces naturels montrent leurs limites et nécessitent une meilleure prise en compte des dimensions sociales, économiques et culturelles.
Parallèlement, de nombreuses innovations sociales et technologiques émergent aujourd’hui pour renforcer la participation des communautés à la conservation de la biodiversité. Les sciences participatives, les plateformes numériques de collecte de données, les systèmes communautaires de suivi écologique, les mécanismes de paiements pour services écosystémiques, les entreprises vertes et les initiatives de gouvernance locale constituent autant d’outils permettant d’associer davantage les populations à la gestion durable des ressources naturelles.
Dans le cadre du SIBEX 2026, cet atelier scientifique vise à mettre en lumière les interactions entre conservation ornithologique, développement local et valorisation des biens et services écosystémiques afin de promouvoir des modèles de gestion plus inclusifs, équitables et durables.
2. JUSTIFICATION
La conservation des oiseaux et de leurs habitats dépend largement de la capacité des acteurs locaux à participer à la gestion des ressources naturelles et à bénéficier des avantages générés par les écosystèmes. Lorsque les populations perçoivent les bénéfices économiques, sociaux et culturels associés à la conservation, elles deviennent des partenaires essentiels dans la protection de la biodiversité.
Les écosystèmes fournissent une multitude de services indispensables au bien-être humain. Ils contribuent à la régulation du climat, à la protection contre les inondations, à l’approvisionnement en eau, à la production alimentaire, au maintien de la fertilité des sols et à la préservation du patrimoine culturel. Pourtant, ces services demeurent souvent sous-évalués dans les processus de décision et dans les mécanismes de financement du développement.
Face à cette situation, il apparaît nécessaire de développer des approches innovantes permettant de mieux reconnaître, valoriser et rémunérer les services rendus par les écosystèmes. Les paiements pour services écosystémiques, les mécanismes de compensation écologique, les labels environnementaux, le tourisme durable et les entreprises communautaires représentent des opportunités importantes pour concilier conservation de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des populations.
L’atelier scientifique consacré aux Communautés, innovations sociales et valorisation des biens et services écosystémiques ambitionne de démontrer que la conservation des oiseaux et de leurs habitats ne peut être durable que si elle s’appuie sur les communautés locales et sur une meilleure reconnaissance des bénéfices socioécologiques générés par les écosystèmes. En favorisant le dialogue entre science, société, gouvernance territoriale et innovation économique, cet atelier contribuera à promouvoir des modèles de conservation inclusifs, résilients et générateurs de valeur pour les populations comme pour la biodiversité.
L’atelier permettra ainsi d’explorer les conditions favorables à l’émergence de modèles de conservation participative fondés sur l’innovation sociale, la gouvernance inclusive et la valorisation économique des bénéfices socioécologiques.
3. OBJECTIFS
Objectif général
Promouvoir les approches participatives, les innovations sociales et les mécanismes de valorisation des biens et services écosystémiques afin de renforcer la contribution des communautés locales à la conservation des oiseaux et de leurs habitats.
Objectifs spécifiques
L’atelier vise à :
- Analyser le rôle des communautés locales dans la conservation des oiseaux et des écosystèmes ;
- Présenter les innovations sociales et technologiques favorisant la participation citoyenne à la gestion de la biodiversité ;
- Valoriser les expériences réussies de gouvernance communautaire des ressources naturelles ;
- Examiner les mécanismes de valorisation économique des biens et services écosystémiques ;
- Identifier les opportunités de financement durable au bénéfice des communautés engagées dans la conservation ;
- Renforcer les partenariats entre chercheurs, gestionnaires, collectivités territoriales, organisations communautaires et partenaires financiers ;
- Élaborer des recommandations pour une meilleure intégration des dimensions sociales et économiques dans les politiques de conservation.
4. RÉSULTATS ATTENDUS
À l’issue de l’atelier, les participants disposeront d’une meilleure compréhension des liens entre conservation de la biodiversité, développement local et valorisation des services écosystémiques.
Les expériences innovantes de gestion communautaire et de gouvernance participative seront documentées et diffusées.
Les mécanismes de valorisation économique des biens et services écosystémiques seront mieux connus et adaptés aux réalités des territoires.
Les initiatives de sciences participatives et d’innovation sociale seront mises en réseau afin de favoriser leur diffusion à plus grande échelle.
Les opportunités de financement en faveur des communautés engagées dans la conservation seront identifiées et partagées.
Des partenariats stratégiques seront établis entre institutions de recherche, organisations communautaires, collectivités territoriales et partenaires techniques et financiers.
Des recommandations opérationnelles seront formulées pour renforcer la participation des populations locales à la conservation des oiseaux et de leurs habitats.
Une contribution scientifique et politique sera produite pour alimenter les travaux du SIBEX et les réflexions préparatoires à l’IMPAC 6 de Dakar 2027.
5. DESCRIPTION DES ACTIVITÉS
L’atelier sera organisé autour i) des activités centralisées du symposium à savoir la conférence plénière d’ouverture, la conférence de clôture, les séances poster, ii) les groupes de travail que proposent les différentes tables rondes et les iii) les activités propres à l’axe (la conférence plénière propre à l’axe, les sessions de communications scientifiques de l’axe et le travail de groupe de l’axe
Session d’ouverture du symposium
La cérémonie d’ouverture en plénière du symposium permettra de présenter les enjeux de l’axe thématique, les objectifs de l’atelier et les attentes du SIBEX en matière de production de connaissances et de recommandations.
Conférence plénière de l’axe
L’atelier s’ouvrira par une session introductive consacrée aux enjeux de la restauration écologique dans un contexte de changement climatique et de dégradation accélérée des habitats naturels.
Sessions de communications scientifiques de l’axe
L’atelier débutera par une session introductive consacrée aux relations entre biodiversité, communautés locales et développement territorial. cette conférence plénière permettront de présenter les évolutions récentes des approches participatives en matière de conservation, ainsi que les expériences innovantes développées dans différentes régions du monde.
Les sessions scientifiques seront consacrées i) aux modèles de gouvernance communautaire des ressources naturelles et à leur contribution à la conservation des oiseaux et des habitats critiques, ii) aux innovations sociales et technologiques favorisant l’implication des citoyens dans la production de connaissances sur la biodiversité, notamment les sciences participatives, les applications mobiles de collecte de données et les plateformes collaboratives et iii) aux mécanismes de valorisation des biens et services écosystémiques. Les discussions porteront notamment sur les paiements pour services écosystémiques, les crédits biodiversité, le tourisme écologique, les chaînes de valeur durables et les modèles d’entrepreneuriat vert.
Session de restitution du symposium
Les conclusions des groupes de travail seront présentées et consolidées dans un document de recommandations validé collectivement.
6. DESCRIPTION DES LIVRABLES
L’atelier donnera lieu à la production d’un rapport scientifique et technique présentant les principales communications, les débats et les conclusions.
Les actes de l’atelier seront publiés afin de valoriser les expériences et les innovations présentées.
Une note politique destinée aux décideurs sera élaborée pour promouvoir une meilleure prise en compte des communautés et des services écosystémiques dans les politiques de conservation.
Un guide de bonnes pratiques sur les innovations sociales et les mécanismes de valorisation des services écosystémiques sera produit à destination des gestionnaires, des collectivités territoriales et des organisations communautaires.
Une cartographie des initiatives innovantes présentées lors de l’atelier sera réalisée afin de faciliter les échanges et les partenariats futurs.
Une feuille de route pour le développement de mécanismes de financement durable au profit des communautés engagées dans la conservation sera également élaborée.
Enfin, un document de recommandations contribuera aux travaux du SIBEX et aux préparatifs du congrès IMPAC 6.
7. CIBLAGE DES PARTICIPANTS
L’atelier réunira environ quatre-vingts à cent participants représentant les différents acteurs impliqués dans la conservation communautaire et la gestion durable des ressources naturelles.
Les chercheurs spécialisés en sciences sociales, économie de l’environnement, gouvernance des ressources naturelles et conservation de la biodiversité seront invités à présenter leurs travaux.
Les représentants des communautés locales, des organisations communautaires de base, des associations de femmes et de jeunes ainsi que les leaders traditionnels constitueront une cible prioritaire.
Les gestionnaires d’aires protégées, les collectivités territoriales, les organisations non gouvernementales, les agences de développement et les institutions publiques en charge de l’environnement participeront activement aux échanges.
Les représentants du secteur privé, des entreprises sociales, des coopératives, des institutions financières et des partenaires techniques et financiers seront également associés aux travaux afin d’explorer les opportunités de financement et de création de valeur.
8. AGENDA PROVISOIRE
La première journée sera consacrée aux enjeux de la participation communautaire, à la gouvernance des ressources naturelles et aux innovations sociales au service de la conservation.
La deuxième journée permettra d’explorer les mécanismes de valorisation des biens et services écosystémiques, les modèles économiques durables et les expériences de terrain.
La troisième journée sera consacrée aux travaux de groupes, à l’élaboration des recommandations, à la définition d’une feuille de route et à la clôture de l’atelier.